D'entre nos grammaires

Malgré des efforts qui pour être grands en paraissent loin lorsqu'ils se lisent, tu n'arrives pas encore à me faire lire. Ou, si tu le fais, c'est insidieusement, par des touches si subreptices, qu'elles ne me font rien, et me laissent indifférent, comme si je lisais un texte quelconque, avec ses règles que je connais d'ailleurs, où je me laisse en quelque sorte guider, où toute individualité de ma part t'es laissé, car au fond ce que j'aime par dessus tout, c'est être ton pantin et me laisser tirer les ficelles, hop un peu à gauche, à droite toute, un peu de hauteur, et puis la bassesse, la plus ignoble des lectures que je puisse faire, celle où j'applique les règles des autres chez toi, alors que tu voudrais que je me libère un peu, que je me révolte, que des masses - ne soyons pas présomptueux - des quelques lecteurs ici réunis, je puisse m'extraire, ta lecture devenant mienne, ce texte le mien, et qui ne ressemblerait en rien à celui d'un autre, fût-il fait des mêmes syntagmes, des mêmes embrayeurs que tu laisses comme des traces, quelque indice à suivre pour être enfin moi dans ce qui fut ton texte, que je ferais mien, si seulement je savais, alors qu'il n'y a rien à savoir, plutôt tout à désapprendre, lire avec des yeux vraiment neufs, c'est-à-dire ne pas suivre la règle des autres, mais s'immiscer dans ta grammaire, dans mes grammaires dit-il je voudrais que tu t'immisces, que tu fasses d'un illisible quelque chose que tu aurais lu, qui serait à toi, comme cela fut mien, et puis tien, et sien, et sienne, mienne cette lecture de ce texte sien, et tout cela s'embraye, lui et toi, moi et elle et les autres, nous sommes tous ici à des points différents, traçant chacun sa ligne de grammaire dans ce texte quelconque de journal, nos lignes s’enchâssant, se départant, puis des ruptures, et des jointures de lignes, et des soudures ,et dessouder, jusqu'au magma de l’oxygène, de l'acétylène, et nos flammes bleues, au bout bleues, d'un bleu qui crame une rétine, chaque fois se crevant les rétines pour être soi ici, avec des autres qui ne seront rien de ce que tu avais écrit.

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Quelles mains sont-ce là?








Je dirai les valeurs.

Salmon pink :

                      mes valeurs seront

rose | neutre
      
              carnées de ces mers |

    multitudinées.

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Neutrées



Pensées, Livre de Vie, Paris, p.85:

Car qui pensera demeurer neutre sera pyrrhonien par excellence. Cette neutralité est l'essence de la cabale. Qui n'est donc pas contre eux est excellemment pour eux : en quoi paraît leur avantage. Ils ne sont pas pour eux-mêmes, ils sont neutres, indifférents, suspendus à tout sans s'excepter.

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Coda

Serait-ce une fin?

Ici, oui, en tout cas,

pour quelques temps

qui peut-être se prolongeront.

rose | neutre reste accessible

en cliquant à gauche pour ceux

que cela pourrait intéresser,

jusqu'à sa finition.

                               | surtout pas de mémoire,

qui ne puisse opacifier ce qui |

                                                  jusqu'à nouvel ordre,

                                 ait pu ici se trouver.



Il a dit ordre |

                        un dernier sonnet.

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Péguy, voici vos hommes

dit Georges | où, je ne sais plus | si tu le sus | oui, sans doute | bien même si je le lus | un jour | sur un écran quelconque | où ces choses là ne sont que rarement précisées | en effet dit-elle | elle ici, subrepticement, comme elle se le doit | toujours elle | encore une fois | et l'obreptice ici? lis-je | il viendra assez tôt | en son droit comme il se le doit | lui aussi | oui | d'entre ces pipes tubées | encore elles | oui, en une répétition leur | ainsi que ceci, d'une élégie seconde de celui dont nous ne saurions être les hommes, n'étant encore assez proches : 'un monde non seulement qui fait des blagues, mais qui ne fait que des blagues, et qui fait toutes les blagues, qui fait blague de tout. Et qui enfin ne se demande pas encore anxieusement si c'est grave, mais qui inquiet, se demande déjà si c'est bien amusant.' | 

                                                                                                                -- les blagues de ce monde heureux, qui transpire la joie | oui, ne sommes-nous pas de gais larrons | si je le lis | c'est que je l'ai écrit lis-je | tomas et george désormais | thomas-georges | ou la parole obscure | équivoque | que d'aucuns dirent désastrale | beau mot que cet astre du désastre | qui n'est plus à venir | et georges-thomas dit : --

                                                                je suis ancien, l'ai toujours été | le fut sans cesse | notre jeunesse n'étant que prémisses à confessions | celles des cinquante années | de la cinquantième révolue eut dit ce cher Charles | et dont je me sais incapable | n'étant pas disposé à l'atteindre, cette lointaine année | celle qui ne cessera de m'échapper comme il était certain qu'elle lui échappât, s'il n'eut pas compté sur elle, cette jeunesse, sienne, pré-miction de ses confessions rêvées, qui ne furent qu'en annonces de ce qu'elles ne seraient jamais, faute du temps d'un projectile d'acier | sifflant au-dessus des boues de Somme jusqu'en une tête | pleine des confessions à venir | sans pacte, surtout pas |

l'acier réfractaire se réfracta | et nous l'avons mangé | en une salade de betteraves |

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un début selon tomas

Tomas, d'une brusque remontée de torse qui lui donna une tête légère, une légèreté acquise d'un poids si lourd se meuvant vers le haut, si rapidement, et contre une gravité qui semblait s’alourdir chaque jour, se trouvait désormais assis, au bord gauche d'un lit qu'il partageait, n'était-ce que quelques heures par nuit, mais qu'il se devait de quitter, étant l'heure, rien que ce moment où, comme il s'en douterait, d'autres se couchaient, et qu'il ne lui restait, à lui, d'autres choix que de se lever.

J'ai autrefois voulu participer à la vie.

Il lui semblait, dit-elle, lorsqu'il entendit ces paroles, qu'il se levât.

Et elle dit encore, voici les écrits secrets que le Thomas vivant a prononcés et qu'a transcrits Tomas le traître jumeau.

Levé, sur pieds, marchant de quelques pas hors de la chambre, il s'avança vers une table de formica bleu, de celles qu'il se pouvait voir en maintes cuisines dans les années soixantes, et sur laquelle se trouve un petit ordinateur portable noir de marque thinkpad, modèle X32. Et l'écran s'alluma dit-elle, et Tomas, debout, allume l'ordinateur, et la masse de pixels noirs cède, élément par élément pictural élémentaire, sous quelques amas lignés de pixels grisonnants, qui narrent un allumage, d'un de ces débuts qui mènent à un terminal, dont elle ne dit rien, et devant lequel Tomas se fixe désormais, comme si cette rigidité ne pouvait avoir d'autre fin qu'il y entrât, ceci étant un début parmi une multitude d'autres commencements, et qu'il choisit ; celui-là même, le seul qu'elle n'eût pas dit.

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Début

Tomas sortit à dix-huit heures ; il était en retard.

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découpe de sélection

à force, il faudra bien se séparer,

plus aucune issue, sauf celle-ci,

celle où l'on se quitte.

comment vivre lorsque deux

différences diffèrent entre-elles

au point que la vérité de l'une

est le mensonge de l'autre.

efforts vains, violences de rétribution

vaines d'avoir échouées, pas la vraie,

la sanglante violence ; la verbale, celle

dont on dit qu'elle ne fait rien. elle

est sans effets. le seul effet serait

de descendre dans l'irréparable,

casser chaque pomette d'un coup

de front, et un nez en plus, et un

flot visqueux de par des narines, une rouge

cascade de vie s'échappant, et la

violence toujours sans effet, sauf

la mort d'une tierce force

qui n'avait nul besoin de mourir,

surtout pour si peu.

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90 (et) - un = oubli

tu es mort | et c'est un jour | et thomas est jeune | il fait jour | ne lit plus le Financial Times | bien qu'il soit en une économie - toute différente de n'en être pas | derrière lui une plage - compacte d'eau de bruine en surface | rapprochant chaque grain à un autre | sur des mètres carrés | du sable | et en dessous | des grains moins soudés d'un manque d'eau | encore un temps à filtrer une bruine | pour que certains sous-grains de plage se rapprochent | et un corps jeune, aux jambes imberbes shortées, chaussetées de coton blanc, de baskets taille 37, et une tête à cheveux blond, abondants lors qu'ils ne l'étaient plus | et une paire de verres - enserrés en une monture plastique bleu très fin de siècle, années nonentes du début | et derrière deux iris vert | derrière une plage | et devant | dessous ce corps | une jetée en pierre | inembarquable | en dos d'âne | formant un port de pêche - de fortune - et quelques bateaux - pêcheurs - derrière ce brise-vague |


                                                                                                             une mémoire encore | hélas | encore une, qu'il faudra tuer | d'une manière quelconque | en une façon | et un oubli sur une jetée | un oubli à matérialiser | quelqu'un du haut d'une falaise donnant sur | cette jetée oubliée | récitant et - et - et - et - encore et | une bruine d'un matin et un corps encerclé | une jetée et au bout un rocher | d'une dizaine de mètres de hauteur | avec escalier taillé à même la roche | une roche glissante de bruine | ici une molécule d'eau ne rapproche pas | fait partir | un pas mal placé et une jambe en arrière et un genoux opposé s'entrechoque contre une marche de roche | et deux corps liquides s'excluent | un plus épais que l'autre | quelques gouttes d'épaisseur | et enfin un corps en haut de cette roche promontoire | et quelqu'un toujours observant du haut d'une falaise | tandis que la bruine encercle de brouillard ce jeune corps | en une fin muette de cinéma | toujours les raccourcis | d'une mémoire | préférant revoir plutôt que voir | et les commentaires | toujours commenter ce que l'on croit revoir | et un oubli ne s'oublie pas comme cela | si seulement | et si seulement alors que toujours seulement ceci au lieu de cela | ou l'inverse | c'est selon | encore quelques gouttes de sueur | d'une pâte rouge épaisse sur un genoux | et une monture bleu enfin disparaît | car que faire d'autre | il le faudra disent-ils | tous disent qu'il faudra qu'il disparaisse | être précurseur c'est dire qu'une chose disparaîtra | ils sont nombreux à dire ta disparition | je disparais lis-tu | je sais, je viens de le lire | ce qu'ils dirent | et quelque rime encore | pour sombrer en un raccourci de plus | et un et de plus | pour mieux oublier | à force de et je serai un oubli | je m'oublie de plus en plus ici | là il s'oubliait

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silence gardé

ici je garde le silence dis-tu lis-je | un silence et des voix en écouteurs | quelques écouteurs et des voix qui parlent de silence | un silence de nietzsche | et un autre | et toi là, silencieux lorsque même je lis ici | en silence, ou pas | seul je le sais | seul ici avec ton silence | mon silence est nécessaire lis-je dis-tu | car trop de choses dites | ailleurs une attaque sans cesse sur des silences | un tram et sans silence | une rue et sans silence | et ici en silence, ou pas | une musique de voix parlant de silence, mon silence absent du leur | leur technicité du silence comme ils disent | des vicaire! | les vicaires du silence sont en mon silence | et je viens à toi lis-je | tu me viens en silence | en moi lecteur tu es venu | notre évènenement à nous | un silence partagé | en moi lisant, ton silence venu | à moi dit-elle | elle et une autre et quelque autre encore et moi | de venir en ce silence-ci un cri différé | en cent ans un cri | tu parles! | plus j'écris plus j'efface dit-il | aucune trace ici | vous ne me traquerez pas | ce n'est pas ici l'ouverture de la chasse | ils me chasseront que je m'effacerai sans traces, sans même une merde que vous puissiez lécher | ni chaude ni froide | pas fumante, pas une seule fumée de scelle |

-- je les vois lis-je | devant moi derrière les fourrés les fougères | aigle s'il vous plaît, fougère dite aigle | ils m'auront parce qu'il se répète disent-ils | il repassera bien par là | oui penses-tu lis-je | en un temps différent par là tu repasseras | et encore ils te louperont | bien qu'ils soient à leurs postes | la carabine braquée sur ma ligne de course | les chiens le courseront par là | et ils m'auront pensent-ils | pauvres bêtes que ces chasseurs d'écrivaillon | etc | sur les landes | au sommet, ils le ratent | quand même --


- plus j'écris plus j'efface dit-il | il écrit plus la couche est épaisse plus je m'efface -

--- nous sommes les légions étrangères de la lecture | qui ça | ils nous sacrifient | comment ça | oui, car ils l'ont toujours fait | dans le désespéré ils nous envoient | et je m'en sors | par toi j'en suis sorti | et eux par moi | et ils viendront | tôt ou tard | où tardivement ils se prélassent, ils finiront par venir ---






f


f


ils viennent de dusseldorf,




de londres, treize fois sont-ils venus




et la france aussi, aussi de france




viennent-ils de neuilly, sur-seine,




par brest et paris, un roi choisyst




et nantis de nantes jusqu'en belgie




mais aussi maxeville, gregy


dit sur le chemin de l'Yerres,




et en belgie ils viennent aussi,




encore une aussi venue saint-jossienne




ten noode,  van brussel


z
z






- | je ne suis pas là, dis-tu lis-je, - pour signifier quoi que ce soit, - mais ici | par tes modifications | mon expérience s'opère -


sont-ils une concrescence lis-tu | je suis une entité | actuelle dit-elle


---- | ----
et il perce sous
sa percée longue
d'une nouvelle sensation
comme la pression
d'un toucher empirique




d'un dehors claustral


où tout poème est une évaluation et un art d'évaluer : où il dirait des valeurs.






---- | ----


mais que peut un oubli?
je suis un oubli,


non pas un oublié, mais un oubli,


un échappé de mémoires,


et si je suis un corps, c'est que je suis (un) neutre,


mais pas oublié mais un oubli


mais pas une oublie


car fini les sucreries


il y a danger lis-je | que je reste en toi | quand moi ta mort fixe advienne dis-tu | lis-je | que pire que ton chaos destructeur | en son chaos préservateur je suis pris dis-je | tel est peut-être mon désastre | que je puisse être pris dans ta fixité | tu n'es pas nécessaire | moi non plus | quelconques | nous ne sommes que quelconques | c'est-à-dire non-nécessaire | voilà notre force | de pouvoir lire une chose plutôt qu'une autre | ou de n'être rien de ce que nous pensons | à la place de quelque chose | une quelconque chose plutôt qu'une autre | une autre chose quelconque plutôt que celle-ci |

s'appellant thomas, 

pour croire en un amour, 

il se devait de doigter quelque orifice,

et ses yeux vieillissent,

se rident,

               mes iris, vert-gris

dit-il, de plus en plus

vert avec le temps |

                                et une joie que des bouts de doigt ne se rident pas | car comment voir - sinon -

                                                                   et thomas s'oublie en une oublie oubliée et expulsée | en cet instant même | le long d'une fin d'intestin | vers une chute en un splosh - avant une tirée de chasse - et l'oublie oubliée | encore une qui finit au chiotte | et thomas se rappella, tandis que, fesses en l'air et main droite frottant son anus à coup de papier rose, se rappelait ce que disait un père à son ami - avant une virée de pub en pub et de bar en bar - n'allez pas pisser votre argent contre les murs | ce qu'ils firent - il va sans dire - quelques heures après chaque fois que cet homme eut prononcés ces paroles | je pisse mon fric contre le mur | quelques bières et de la pisse contre un mur | un samedi soir | ou en semaine | qu'importe | une heure travaillée égale plus ou moins trois bières égale une heure travaillée contre un mur | ou moins | une demi-heure travaillée transformée en pisse contre un mur | 

                                                 thomas dit je suis un transformateur de capital | ils me payent et je produis de la pisse | je suis payé et je dépense en bière et je produis de la pisse | contre un mur | quelques fois le même | mais pas toujours | pour changer un peu | pour donner du travail à des nettoyeurs de murs différents | 

                                                   thomas, le cul essuyé, remonta sa culotte, puis son pantalon, puis boucla sa ceinture, et sortit des toilettes | s'appellant thomas 
 

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- péguy | berry -

- ses pouces aux mûres, d'écolier, petit écolier qui trempe ses petites mains dans l'encre, un petit péguy, et des taches, mûrées, aux bouts de doigts violets | et ta ponctuation et là aussi | tes pipes, tes tubes, mon étouffement | à moi, toi tu te fais mal aux doigts | en mon nom | oui en le tien dit-il -
- il fut des poètes métatroniques qui infligèrent aux corps lacérés du poeïn des meurtrissures terminales |

- je l'entends, dis-tu-je, cet amuïssement du retour, ce versus qui se ploie dans l'abat pourri d'une matière grise ; il se marque en moi, semence de tout ce qu'il nous faudra détruire | contre et aussi cette destruction même | révolution du chaos : le poeïn terminal du désastre -

et il dit: de ces vers nous détruirons le corps électrique | et de ses amas de courants morts nous nous déploierons en lignes de vie ondiques -

derridovitch se laissait viraliser à petites doses | d'homéopathiques et chronolythiques | doses que lui faisait perdre une non-mémoire -


- celle d'avant, d'avant ses lectures de genre qui lui bâtissaient une mémoire neuve -
et péguy encore | charnel dialogue - et moi lis-je | et toi dis-tu | disons nous - oui, toujours la simplicité - je vous en prie | s'il vous plaît - mystique des politesses | en effet pensent-ils | ils nous prient - il - nous - prie | qui n'est pas dire pour | au contraire -
et clio dit-elle | elle dit clio dit que | ou je lis clio dit dit-elle | boole - toujours lui | pas lui dis-tu | pas lui lis-je | sa logique c'est à dire une - parmi d'autres | ils l'oublient que trop souvent | ou préfèrent l'oublier | et l'oublient de bon coeur - ou pas | une péguyboole | c'est-à-dire? - une hypothèse | sidoli et ses péguybooles riemaniennes | que lis-je dites-vous penses-tu | il dit qu'ils pensent qu'il est fou | ah la folie! | oui, toujours elle | elle toujours païenne | pas encore charnelle | non, elle, c'en sera une autre | différente bien que tirée des mêmes restes | comme soupe et salade d'un même roti de poulet | oui | mais ils oublient qu'elle dit clio dit | clio dit : déjà sidoli perçait sous tomas© | dit-elle | et véronique | comme la petite, la petite bloy qui dit pater noster | en son sommeil en danemark | au - non, en dit-il | en danemark en son sommeil une petite véronique qui dit pater noster | récitant en son sommeil en danemark | et déjà véronique charnelle | encore une véronique | et une véronique un peu moins petite vivant - plus tard, après une balle dans une tête dans un champ de la marne, en l'an 1914 | un champ d'honneur dirent-ils | à villeroy - 7 rue André TheurietXavier Lenormand, à bourg-la-reine, et disant sans doute encore pater noster - en une maison où un autre écrivit une véronique qui disait, elle: pater noster vir fortis est | bien plus braves ces hommes que des héros | aux puissances simples, d'une faiblesse charnelle justement | d'une faiblesse telle qu'un crâne jamais à une balle ne résistera | et une mort | et l'honneur dirent-ils, et clio le constata | et les historiens épuisèrent ce qu'elle constata qu'il contestait, cet écriveur de véronique | et une véronique écrite et une vivante et toutes deux en cette même demeure de bourg-la-reine | mort à villeroy pour une famille de bourg-la-reine | et d'autres | mais ils oublient disent-elles | véronique et clio sur ce point d'accord | qu'on oublie | à force de mémoire | à force de mémoires ils l'épuisèrent et il s'en fut à villeroy | et les mûres poussant | et un champ lieu d'une rencontre d'acier contre chair puis contre crâne puis en cervelle | il eut ajouté acier allemand | et son successeur à bourg-la-reine eut dit prussien car tels étaient ses allemands à lui | en une rue tant de choses dites | écrites même | dans les ténèbres mêmes | dernier domicile maudit pour l'un comme l'autre | et moi qui vient lire lis-je à ta lettre | ou à la mienne que tu as dite | à force | comme une ponctuation trop forte, musclée d'être en position centrale - telle cette autre neudite de la véronique écrite : - nous n'avons qu'à lire ; le texte de l'évènement. -

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courriels

- il teste ses courriels, il écrit à quelque ami et il teste ici ses courriels, sur la valeur, des beaux courriels qui traitent de la valeur, pas de n'importe laquelle | d'une valeur poétique - l'intrinsèque | si cela existe - de l'ultérieure | une valeur au-delà - de qui, de quoi, d'où questionnent-ils | si cela existe de même, une valeur, de la valeur, il demande une ou de la | quelle différence - oui, la valeur n'est pas une valeur - toujours les belles formules | les faciles formulations | dans un courriel | et un modèle mathématique de la valeur poétique - quelle rime! - ah oui, les rimes, nous les avons oubliées, elles aussi, à la chasse d'eau, quelque rime ici s'abîme ! - la joie, d'une rime, non pas toute faite, mais au faîte, de son courriel, de notre modèle | et un peu de sensibilité | de la durée dans nos valeurs, poétiques mathématiques - "La sensibilité d'une obligation est la variation de la valeur de cette obligation provoquée par la variation d'un point du taux d'intérêt. Cette variation est exprimée en pourcentage. La sensibilité permet ainsi de connaître la valeur future d'une obligation en utilisant différents scénarios de taux d'intérêts. Elle mesure la durée de vie moyenne des obligations non encore remboursées." - une valeur sensible, mais obligée | je me sens obligé de te lire - tu me rends obligé avec tes mots sans valeur | une valeur est une obligation est toujours là - au-delà une autre valeur, plus sensible | tu es sensible à ces choses là dis-je | oui, très sensible | d'une sensibilité à connaître des futurs - antérieurs - d'où nous viendrons | ils ne viendront pas | qui le dit - toi, et moi aussi c'est ce que je lis - ils lisent ce qu'ils disent | c'est sans fin - d'une sensibilité à valeur ajoutée | nous l'avions oubliée elle aussi | que nos mémoires fuient | en moi vos mémoires se déversent, en vous ma mémoire des leur constituée se déverse - des fuites de mémoire en mémoire | de la tuyauterie, rien de plus simple | du plomb des soudures et un flux - plastique aussi sans soudures | et un modèle pour deviner toutes ces fuites de mémoire - avec l'intéressement, et la durée, et une obligation sensible | oui, tout cela - et d'autres choses encore | toujours plus - jamais moins | non, cela n'est pas dans notre sensibilité | une obligation du toujours plus, jamais moins | ou moins pour plus tard plus encore | c'est simple comme modèle | pas besoin d'algèbre compliqué | +++++ ------- ++++++ | mais avec des chiffres, et des valeurs - (s - v) (pg x v) = r|n - aussi simple que cela, à vous les matheux, les badiousards, faites-vous plaisir, calculez, hop un petit modèle de plus pour vous, vous verrez, il ne sera jamais
résolu, un problème modèle | une modélisation problématique - comme j'aime disent-ils | ça c'est bon, oui, et dans un courriel en plus | et encore, nous n'en sommes pas encore aux scénarios | ils viendront | tous - ce que l'on appelait jadis une histoire | une histoire et des valeurs, ou sans | et encore une valeur sans histoire - mais à scénario - ou une histoire sans scénario à valeurs | que de choix | que d'options | il voudrait échanger | j'échange une histoire contre
un scénario dit-il | et moi une valeur offensive contre une défensive | t'échanges des vers pour de la prose | prose défensive | vers offensive | dans l'offense on retourne | versus - retournons l'offensive pensent-ils | où ça - tu ne sais pas lis-je | c'est encore une de ses idées - sans scénario nous ne savons où elle va | peut-être une histoire de quelque valeur en sortira | comme si l'on pouvait sortir une telle chose - un scénario alors | non pas eux - jamais s'il vous plaît | des images dit-il, tu veux bien des images, mais non-reliées | qui s'attachent à elles-mêmes - d'elles-mêmes - qui se choisiraient comme toutes seules | par sensibilité - par obligation | et un courriel est testé | une histoire pas encore | une histoire deviendra de tout ceci | grâce à moi qui te lis | si j'ose | si tu oses dit-il lis-je | c'est laborieux | du pur versus | à la ligne et sans terminal - sans intérêts |

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clio dit véronique

cela faisait longtemps dit-elle | longtemps que tu ne t'es pas répété | il dit qu'il ne s'est pas répété depuis trop longtemps | faire une différence d'entre ce qu'il dit de ce qu'elle fit disent-ils | les vieux procédés, encore eux - ils se répétent en de vieux procédés - c'est un procédurier de ma vie pense-t-elle | elle pense et moi je dis ce qu'elle pense | je lis ce que vous pensez - j'énonce - vos dictés m'énoncent lisent-ils | et une de plus | jamais moins dis-tu | non toujours plus à force de moins | et une fois encore cet à force qui se répète | oui, il n'y a ici rien de nouveau | l'original, il me l'a donné lis-je | une originalité ne viendra que de moi - non d'eux | eux, ils ne feront que se répéter | une fois encore, une dernière fois encore, une première pour moi | ou pas | cela dépend | ils dépendent de ces répétitions | pourquoi ne lâches-tu pas cette chose dit-elle | lâche un peu cette répétition | je voudrais dit-il, il me serait loisible de laisser une chose ainsi - mais ces choses se répètent malgré moi - pourrir dans sa mêmeté de vieillesse | une vieillesse encore, quelques efforts encore et le temps des confessions sera sur lui | au cinquante ans révolus comme disait ce cher charles | péguy et ses confessions des cinquante ans révolus | pas une année de moins | ni de plus pense-t-elle | une balle et jamais de confessions | clio a une manière de s'occuper de ces choses-là | clio dit péguy tu ne te confesseras pas | clio ne dit rien dis-je, elle constate | la diseuse c'est véronique - véronique dit péguy tu ne te confesseras pas - clio constate qu'il ne se confessa point | nulle confession d'une disparition révolue avant cinquante années | clio et véronique - et péguy mort - disent-elles | ils purent le recruter | dans la blanche | dans la catholique | et les cahiers verts qui reprirent ceux des quinzaines | et je me demande s'il eut fait faire une application "cahiers de la quinzaine" | pour ipad, pour galaxy tab, pour blackberry | péguy lis-je dis-tu il aurait préféré un blackberry | c'est une idée | rien qu'une - oui, pas plus - parce que non vérifiable | péguy et ses pouces blackberry - ses pouces aux mûres - d'avoir trop tapé | imagine dit-elle, imagine ce qu'aurait été une patrie notre d'avoir été tapé aux mûres | avant d'être un téléphone ce furent des mûres | oui, les gens oublient | toujours une mémoire se vide et ils oublient | tu es là pour qu'ils oublient encore plus vite lis-je | dis-je qu'ils oublieront encore plus vite que tu leur rappelles ce qui - ne fût-ce qu'un temps - ils savaient | mais je vous apprendrai à oublier lis-je que tu dis | continuez et je viderais ma mémoire en vous | vous serez mes nuages | nous serons tes nuages | tes mots à distance | stockés chez nous - nos mots aussi | et eux - nos mots - stockés chez d'autres encore | dans nos mémoires vidées de t'avoir lu | et d'autres seront nos nuages à nous | ce sera comme une grande fête dit-elle | une fête de mots ennuagés | et un jour | un jour - clio dit un jour ils déversèrent - véronique dit un jour ils déverseront - | - un jour une averse de nos mots ennuagés | notre entreprise se videra de nouveaux | sur les terres arides du désert nos mots leur tomberont dessus | une averse sans précedent | oui, nous les noieront dans leur désert | tu t'emportes lis-je qu'elle dit | toi et tes bibles, toujours derrière, un peu cachées mais là | ce sont des livres comme les autres lis-je | il faudra aussi que je les cite | de là viennent nos déserts | le désert des gated communities de l'internet | les gated quoi | les communautés fermées - d'autant plus fermées qu'elles se disent ouvertes - avec leurs murs, leurs administrations - où tout habitant se doit de tout donner, pour le bien des données de la communauté, un age, une face, des préférés, des dates, bientôt qui sait chaque adn - bienvenue sur facebook veuillez saisir votre code adn - hahahaha rient-ils | ça les fait bien rire | ta paranoïa | pas que la mienne dis-tu lis-je | elle sera votre - aussi - un jour | ma paranoïa sera votre - trop tard, il ne restera rien à donner | tout pris | leurs figures à jamais dans le livre de zuckerberg | l'iceberg de sucre | votre face dit-il et vos dents pourries de son sucre glacé | tous vos visages dans son nuage à lui | et vos anniversaires | et vos désirs | tout ça derrière murs | behind walls your whole life | une vie de derrière des barreaux blanc, bleu-ciel | sans voir le ciel rouge d'une éclipse - plus jamais - lunaire matinée de rouge |

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moult fragment

- ne cherche pas à être horripilant | l'asticot non pas prout de poils drus | non tout à fait n'est-ce pas, pas du tout d'horripilés, ah ça non | quoique astiquer les vers, les polir | ça oui, tous les matins | un beau matin tu t'asticotes le vers | je m'en hérisse | il n'y a plus que ça, faut dire que c'est cela n'est-ce pas | oui | un matin et il s'épile l'hérisson, comme une petite boule toute froide, le matin | sur la défensive, pas encore hérissé | plus tard je vous agacerais, il ne me restera que cela - à faire - tu ne me resteras pas | sans doute que non | j'aimerais bien | tu dis?, lis-je que dites-vous | oh rien | comme souvent | départ difficile | toutes ces pipes à entuber | en soirée | le matin avec le pdf 238031 | les volumes en baisse | les index en hausse | parfois l'inverse | et nous | toi qui me fait lire | oui, moi lis-je de toi | toujours cette belle rengaine des embrayeurs | un bel enchaînement d'enchassement | tu t'enchasses en moi | oui je t'enchasse à mon tour | ils s'enchassent disent-ils de nous | à plusieurs endroits en moult temps différents ils s'enchasseront ici - comme toi et moi | toi et les autres dont je fais désormais partie | oui les autres de moi sont à toi aussi | ils le serront | le pensais-je à une époque | tu m'agaces avec tes vieilleries, tes pensais-je moult fois | hélas ils reviennent | moult revenants entre nous | oui | ils reprendront leur juste faveur | à force | à notre force d'enchassement nos revenants | se feront une place | toute petite | en quelque oreille, bouche | en maintes langues ils se fourvoyeront | puis reviendront | et feront demi-tour, et un quart, et un quart de plus | jusqu'à la droite ligne des fôrets | la courbe des déserts | au mirage ils disparaîtront | ainsi que nous ne savons pas le faire | si seulement je le pouvais | le saurais-tu que tu n'y arriverais pas | que dis-je de te lire ainsi | oui, il faudrait faire attention - un peu - rien qu'un peu, pour mieux faire, que nous puissions tous nous enchasser une bonne fois pour toutes | toutes les fois se répètent ici | en cet instant précis | et ceux d'avant | oui en cent ans cet instant précis et nous serons leurs spectres | comme d'aucuns sont les notres chez un autre | chez d'autres | bien qu'ils ne le savaient point | non - nous lignons ce savoir entre nous ici - une première fois - | dernière - | pour toi dernière | et moi désormais aussi | une première dernière fois en spectre d'un autre | ah que nous serons nombreux | pas autant que nos précédents | ça jamais | mais plus que les nouveaux | oui, moult, maintes fois plus | ils viendront à nous, à la fin | que feraient-ils d'autre | le pourraient-ils que j'en doute te dis-je de lire après lui | mais ils viendront | nous pouvons compter sur eux | oui, moi aussi | toi ainsi | et nous autres, nous venons | nous sommes ces lignes de terminal | ses lignes | oui à la fois ces et ses | tenez donc | nous y tiendrons - à force encore - | chacun dans sa ligne, lui à moult revenants, elle à quoique astiquer les vers, un autre ils le seront, une autre encore de moi sont à toi encore, et nous de nouveaux avec eux, quelques mémoires d'avec eux, | et ainsi de suite | cela est sans fin | le sera - tu espères - | s'il ne me restait que ça | je le sais dit-il | tu me dis je le sais dit-il | ils comprendront peut-être | ce n'est pas bien compliqué au fond | une fois au fond ça vient toute seule cette histoire | faut juste se casser la gueule une bonne fois | et on comprend après | suffit de traverser les pipes - de se laisser entuber par elles -  | se faire piper la poire pour passer les tubes | comme au service | à plat ventre dans une tôle cerclée, son fond de boue de pisse d'officiers qui tapent à coup de bâtons | l'écho, le timbre de cette solitude harassée, les coudes-genoux rouges, les victuailles de la veille appuyant l'estomac dans la pisse | et la petite rigole de lumière - au fond - qui n'arrive pas, tellement faible, et l'écho - bbbrbrddrrooooinggg - hahahahahahaha- bbbrrrrbdrroooiiinggg | quelques mètres d'éternités | illisible | moment illisible d'une bouche pleine de boue - une panique pisseuse de plus | pour les collègues d'après, un peu de pisse en plus | pour huiler le tube | l'échôtôle pipée d'avance | un mètre - ou deux - ou plus de mesure | quelqu'un à plat ventre et plus de mesure | et plein de quelqu'uns avant | et après | et nous aussi | une petite distance d'une pipe au tube - et les tirets - ils se tirent par les tirets | un tiret et je m'en tire quelques instants | avant la prochaine pipe | le prochain entubé | l'entubée prochaine | de toi à nous | de tes rires | des notres | des votres oui | -

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tôle entubée [à cliquer]

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neutres commencements

En ces visions de tes mémoires miennes,
d'avant lesquelles peu de choses
se peuvent être lues,

ne pouvaient être encore tiennes
c'est-à-dire miennes d'être lues
par mes paroles invoquées à tes guises,

une neuve vérité m'étant dû
je lis par toi transcrites
ces latinités perdues :

Incipiant vitae novae.

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rose | neutre - pipes entubées

c'en est terminé de ma mémoire | une mémoire de lui terminée, en lui, c'est-à-dire toi, pas moi, moi je ne fais que commencer, je me commence une mémoire, une mémoire commencée par une mémoire terminée | elle me fuit par tous les neurones, ils se délient, se fuient, là-haut, ils se fuient de leurs imaginations une mémoire vidée | je lis les fuites, en mes yeux se lient ses fuites, se construit ma mémoire de la sienne perdue, oui, un transfer de mémoire, il vend, tu vends, j'achète, plus tu tapes plus tu vends, chaque lettre une action de toi à moi, une transparence, des transactions, ma mémoire un porte-feuille d'action tiennes, j'achète, oui, je prends, ça monte en moi, je grimpe ton cours, je prends tout, pas tout, ce qui m'intéresse, pour mon porte-feuille, tes actions je me les approprie sidoli, à moi, j'accumule, pas tes déboires, tes mots, ta syntaxe de petite fille, tes pipes de salope | mes pipes | tes tubes disent-ils | my pipes say they | un tube, une pipe, et une chaine de processus | on s'échange dans un terminal, je me fais entuber par tes pipes | par tes tubes je t'empipe ce que je veux perdre, pardon vendre, oui, un terminal, un marché de littérature | prétentieux | oui, disons des mots, des petites particules de syntaxe pipées, tubées, ici | dans ma tête des pipes | moi une pipe toi un tube lui un pipe nous une tube | simple comme bonjour | pas si simple dit-elle de dire bonjour | non | parfois oui | il me perd dit-il | ses toboggans de mots me perdent dit-elle lui dis-je de lire | et ses pipes en plus, pour bien aller et venir, je viens | une pipe et je viens | un tube où m'enfoncer dans ta mémoire que tu termines | je ne termine pas je liquide | j'évacue par les pipes, les tuyaux se vident de sa mémoire | il faudra qu'il soit à sec | à la fin je serrai à sec, il le faut | et toi tout pourrissant de mes mots stagnants | sans épithètes | avec épitathe | sauf pour les morts | oui eux non | des épithètes pour eux, un grand mort, un mort collabo, un céline sémite, un rebatet musicien infernal | ah!... la petite musique!...| d'un autre, pas la sienne, pas là cette musique, ici celle-ci | | | une musique pipée d'une mémoire | siphonne moi le trou | et pas qu'un | non tous dit-il lis-je | tout, ses neurones de trous siphonés par moi | nous | non moi dis-je | vous serez nous | à force | j'espère - quoique - sans doute | c'est un peu poussif tout ça | pas bien au point ta musique | trop petite encore | oui toujours cette histoire de la plus grande | non la plus grosse | ta grosse musique siphonnée | ça passe pas | parfois petit c'est mieux | oui, quand serrée, mieux vaut une petite nerveuse | qu'une grosse feignasse - hahahahahah - elle est bonne lis-je dis-tu | c'est elle | elle te l'a dite | oui et non dit car blague | quelle finesse | c'est purement grammaire, voir sommaire | tu dis | je dis qu'il te faudra tout me lire | achetez tout, il n'y a plus que ça à faire | prenez tout | sidoli lance son OPA | si tomas avait un public | oui il le faudrait | pour que ça marche | sinon pas d'offre | faut de la demande | offre - demande - profit | pour qui | pour toi qui me lit | te lis-je | je pense que oui | il pense, c'est nouveau ça | une pensée vieille, c'est toujours nouveau dis-je | c'est à moi ou à toi | plus personne ne sait | pourtant, il suffirait de suivre | oui | allez 10011001 | un pipe égal 1 | 1 tube égal 0 | et ainsi de suite | c'est simple, binaire | ça se compliquera | en lecture il faudra que cela se complique | à cause de vous | de nous | oui | car les zéros se multiplieront | mais pas les un | les un se vident | c'est tout l'exercise | et un bilan | mes actions se vendent | si seulement, ça éviterait d'acheter | où est le mal | il n'y en a guère plus | tout se pare bien désormais | c'est bien ce que je lis | je ne voudrais pas | c'est bien de pas vouloir | ni pouvoir | toujours les mêmes mots | ils ne s'épuiseront pas | ils le sont déjà, d'où leur survivance effarante | t'aimes bien ça toi l'effarant | oui c'est ça | c'est poussif | ça pousserait au cul que ça irait plus vite disent-ils | les cacophages | faut bien bouffer bien | je préfère mal bouffer | des farineuses | ça fait une belle béchamelle en bouche | des lasagnes de langue | des abats | un foie, des rognons | des reins | non des rognons | ah oui c'est comme une verge | ou couille | faudrait indéxer tout ça | un index rose-neutre | ros|en|eutre | - tu ponctues - | et les virgules, les voilà, | mais pas de points, que des lignes, | mêmes verticales | parce que ça suffit l'horizon | un peut de bassesse | donc de hauteur | s'il en reste je prends | pour mieux descendre au fond | tout au fond | j'y suis | de la vient cette clarté | par une grammaire | une lettre écrite | c'est tout clair au fond | un pixel tapé | je me tape des milliers de pixels par jour | où sont-ils | ils vivent cachés, c'est pour ça qu'il faut vider | ma mémoire vide ta mémoire que tu vidas à d'autres | pourquoi faire simple lorsqu'on se peut composer | que tu as vidé | merci | non faut pas | pourquoi | rallonge c'est pour ça | j'eus voulu commencer ce vide par | pour qui pour quand pour qu'où | sans qu'ils me le demandassent | sans te faire lire je | c'est-à-dire le faire dire | c'est-à-faire toi de moi | qu'il puisse enfin s'échapper | en s'échangeant | d'apparitions en appropriations | dans les flux | oui | capital cette idée | une idée de capital d'aujourd'hui | fuir notre siècle | le long dix-neuvième | on en est encore las | aucune avancée | il se lève le matin, il se dirige aux toilettes, il baisse son slip, s'assied sur la lunette, se vide, prend une feuille, ou deux, qu'il plie, et déjà il est dans le capital | une affaire de papier chiotte | c'est simple | même avant, dans le lit, une affaire de capital | et jusqu'où il marche lorsqu'il est chez lui | jusqu'à la lunette, jusqu'à la merde qu'il vide qui est capital transformé | ma merde c'est du capital en baisse | que rachette la société des eaux pour en tirer profit | la merde est profitable | des fortunes se sont crées par la merde de l'humanité toute entière | je me lève le matin je suis dans le capital | il se lève et c'est un capital | une unité de capital dormant se lève | sans nom une unité se lève, se lève une unité sans nom | un nombre se lève | se lève un chiffre sans nom, une unité quelconque | tu rechutes | une unité parmi un nombre | un chiffre disent-ils | un et zéro | et moins que zéro | moins un | il est une unité moins un | pour se vider jusqu'à zéro | une mémoire ne se vide pas | se consolide | on consolide nos mémoires par la tienne | et la mienne par des autres | dans un capital de mémoire listé | indéxé | l'index des mémoires du poésie de france, le pdf 238031, ou plus, tellement il y a d'écriveurs | tu chutes | le pdf 238031 a perdu 0.21% pour clore à 1234 après le recul des valeurs poétiques, dites offensives, suite à l'annonce faite par le gouvernement que les subventions seraient revues à la baisse cette année fiscale | t'imagines! | juste après la météo des mers, sur france inter | le pdf 238031, c'est une belle bouchée, c'est pas du cac ou du ftse ou du dow ni du nasdaq | ils diraient pdf, comme ils disent 'the ftse' | pour simplifier | toujours oui | achetez puis vendez ma mémoire | je veux qu'elle chute | que vous puissiez grimper | le pdf indexe tous les pdf non publiés | c'est du private equity | du capital à haut risque | quoique |

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rose | neutre

thomas se leva, s'habilla, marcha jusqu'à la porte de l'appartement qu'il ouvrit, puis refermant derrière lui se mit à descendre les escaliers, demi-palier par palier par demi-palier, jusqu'à ce qu'il fut enfin trois étages plus bas, au rez-de-chaussé, devant la porte en bois de l'immeuble et dans laquelle étaient creusées les boîtes aux lettres des locataires. Le trou de la serrure intérieure de sa boîte laissait passer, portée par un courant d'air qui se faufilait de par l'extérieur, une odeur de papier journal rose fraîchement imprimé. avec le temps, au bout de quelques jours après que le journal commença à lui être livré, c'est-à-dire après une semaine de livraisons ratées et divers coups de téléphone qui mirent fin au problème, son nez lui faisait sentir la présence du journal dans la boîte, avant même qu'il ne le vît de ses yeux. thomas trouvait qu'une telle astuce devait bien être une preuve de son sens pratique de la vie. ce lundi matin-là, quelques marches avant qu'il fut sur le palier de la porte d'entrée, il savait déjà que son café serait accompagné d'une lecture matinale du Financial Times.

thomas était un individu au passé simple quoique semé d'imparfaits. oh pas grand chose comme imperfections, rien à côté de tous les hauts et bas de ses journées passées avec lesquels il composait sa vie à coups de ceci est monté, cela est descendu, et ainsi de suite, jusqu'en fin de semaine où les choses qui montèrent et baissèrent toute la semaine n'avaient, par rapport à la précédente, pas si fluctuer que cela. pour dire vrai, thomas n'était pas un sujet très intéressant. il en avait conscience. il ne se croyait au-dessus de personne, non, c'était un type résolument moyen, qui passait imperceptiblement devant vous sans que vous ne vous en rendiez compte, comme sans doute lorsqu'il vous est passé sous le nez hier.

il était à peine 7h30 lorsqu'il s'assit enfin, une tasse | remplie de trois quarts de café lyophilisé, d'un huitième de lait entier, d'un huitième de sucre de canne | posée | sur un dessous-de-verre en contre-plaqué cheap laqué d'une image de chat | sur la table basse ikéa jaune qui se trouvait à côté de son fauteuil de lecture. que de détails! certes, mais les chutes les plus vertigineuses se peuvent trouvées, maintes fois, en d'inconséquents détails. il était trop sensible à la petite chose qui pouvait tout faire basculer, d'un coup sec et effarant, tel un coup de tête lancé en pleine face alors qu'on ne faisait qu'entrer dans un bar.

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terminal-|-fiction

- - c'était un ciel noir de terminal | un noir transpercé de quelques points lumineux d'un blanc-gris d'avril | que derridovtich observait de derrière une fenêtre | une fenêtre qui pour toute transparente qu'elle fût n'en ressemblait pas moins à cet autre écran qu'il avait devant lui | à quelques centimètres de ses doigts pistonants un vieux clavier thinkpad.

au début | la ligne de commande fut. c'était le titre d'un truc que derridovitch venait de lire sur le web | il trouvait ça bien comme titre | in the beginning was the command line | quand bien même ce n'était pas vrai dans son cas.

comme pour d'aucuns qu'il ne connaissait pas mais dont il supposait l'existence | de novo to order versus erat | la ligne de commande était une fin d'après un début graphique pas encore au point d'en écrire | la ligne de commande fut ma fin mais enfin une ligne de commande.

tout cela ce computait dans le cerveau d'anton derridovitch en cette nuit noire d'avril | cela ne calculait donc pas tant que cela | ces calculs qu'il computait en bon anglicisme geek lui laissait une mémoire vide | vidé de par ces deux écrans qui devant lui se parsemait de pixels qui à force d'être gris n'en était que plus blanc | de novo to order versus erat | fut une ligne de commande | un début - -

derridovitch venait de se taper un poweroff. plus de blanc désormais, encore moins de gris, que du noir bien foncé qui lui rigolait à la gueule. il se disait ça depuis quelques temps, que l'écran éteint se moquer de lui, s'esclaffer dans sa face de jeune geek inaccompli ; c'est ce que pensait derridovitch en cet instant. mais c'était l'heure, alors il se leva, prit sa pochette d'ajja17 rouge, son briquet bic, ses feuilles et sa rouleuse rila croix bleues, ses filtres top, et foutut tout ça dans trois poches différentes: arrière-gauche pour la pochette et les feuilles qui tenait sous le rabat, avant-droite pour les filtres, et avant-gauche pour le briquet et la rouleuse. et chaque fois dans cet ordre, bien qu'il ne savait pas pourquoi, mais sans doute cela avait-il une certaine importance, cet ordre, ce forage dansé de mains, préhendant chaque chose en chaque temps pour les foutre en chaque lieu d'un pantalon. c'était pas très cyberpunk de fumer du tabac de vieux, du tabac tout cours, par rapport aux multi-nationales et toutes ces conneries, mais derridovitch s'en branler de leurs prêches à ces petits connards corrects qui viralisaient leurs paroles toutes apprises et toutes faites dans ces lieux qu'ils se devaient tous de fréquenter. sans doute le rire de l'écran venait de là, de tous ces rires blancs de petits petzouilles branchouilles qui, il se le pensait, devaient faire chier les gens le week-end, devant les gares, sur les rues commercantes, pour qu'ils filent des thunes à greenpeace, ou une quelconque autre connerie du genre, leur militantisme étant sans limites, du moins pas limité à la toile que lui, anton, se venait de quitter.

derridovitch n'était pas du matin. il venait de se taper un poweroff, et debout, devant lui, l'autre fenêtre se dilatait à ses yeux, s'ouvrant par un trou dans le verre même, - - que les rayons matinals fondaient en une ouverture qui n'était pas là | mais tout de même présente | chauffant les verres encore plus proches de ses yeux, ceux qui lui permettaient de voire cette dilatation qui se travailler | qui le trompait en quelque sorte | qui ne pouvait que lui rappeler | un amas de pixels morts - -

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